Le meilleure ouvrier de France du Bollwerk


Julien Zinniger est le premier joaillier haut-rhinois lauréat du concours « Un des meilleurs ouvriers de France » (Mof), le deuxième seulement en Alsace. « C’est une satisfaction personnelle, évidemment, et une manière d’aller au bout de ce que j’ai entamé ici il y a 21 ans » , confie-t-il.

« Ici », c’est la bijouterie du Bollwerk, à Mulhouse, où ce Lutterbachois est entré en apprentissage à l’âge de 15 ans, en 1997. « J’avais envie de travailler de mes mains, dans un esprit créatif, mais je ne connaissais rien à la joaillerie. La visite d’un atelier de souffleur de verre m’avait séduit, mais il fallait partir loin de Mulhouse pour se former. J’ai donc pris l’annuaire téléphonique, et j’ai choisi l’enseigne qui avait le plus grand encart dans les pages jaunes… »

À son arrivée, Julien Zinniger découvre l’atelier, à l’étage du magasin de la rue de Metz, où travaillait encore Camille Muller, le fondateur et père de l’actuel patron, Patrick Muller. « J’ai été immédiatement fasciné par la dextérité de l’équipe et l’apparente facilité de son travail. C’était grandiose. À moi, ça me semblait inaccessible ! » Il se souvient de ces premiers temps où il se trouvait si maladroit. « C’était dur. On m’en demandait beaucoup. Tout est venu petit à petit. »

« Le concours permet de savoir où on en est »

Classiquement, Julien Zinniger a appris la bijouterie (qui se limite au travail du métal) puis la joaillerie (qui inclut l’ajustage des pierres). Après ses deux CAP, il a participé à divers concours, notamment aux Olympiades des métiers, en 2005, où il s’est classé premier en Alsace et cinquième au niveau national. « Cela reste ma plus belle expérience professionnelle, il y a une ambiance dingue ! »

Aujourd’hui, Julien Zinniger assiste Patrick Muller dans la création des pièces : au patron le dessin du bijou proposé au client, à lui la réalisation de la maquette puis la fabrication. Pour le concours de Mof, qu’il tentait pour la première fois, il a dû réaliser une pièce représentant une « prise de bec » entre deux oiseaux en argent, perchés sur des branches d’or, le tout d’après une gouache assez approximative, et suivant un cahier des charges réunissant les différentes techniques du métier. « Il faut montrer qu’on les maîtrise toutes ! Le concours permet ainsi de savoir où on en est : quand on répète des gestes quotidiennement, ils finissent par nous paraître anodins… »

Cette pièce, qui comporte 981 emplacements pour des pierres précieuses, est en grande partie démontable, pour un sertissage à froid. Julien Zinniger estime avoir passé sur ce projet quelques 800 heures, durant un an et demi. « Il y avait 29 candidats inscrits, onze seulement ont terminé, et trois sont lauréats… »

Extrait d’article rédigé par Olivier BRÉGEARD paru dans l’Alsace le 1er décembre 2018

Retour aux actualités